CLAUDE LEMESLE

Grandes vedettes et grands succès

Indissociable de Joe jusqu'au dernier jour, Claude Lemesle va ainsi devenir un des piliers les plus sûrs de la chanson française, l'auteur avec qui il faut compter, dont on a un jour ou l'autre fredonné les mots, les rêves, la vie, le parolier des meilleures voix et aussi - ce qui ne gâte rien - des plus belles ventes. La qualité France, en quelque sorte.

Photo de Serge Reggiani Quel autre créateur peut se vanter - ce qui n'est d'ailleurs pas son genre - d'avoir écrit à la fois pour Serge Reggiani ("Le barbier de Belleville", "Venise n'est pas en Italie", "Boulevard Aragon", "Alphabet", "Les adieux différés"), Michel Fugain ("Ring et ding", "Fantaisie bleue", "La bête immonde", "2000 ans et un jour", "Encore") et Alice Dona ("Laissez passer la chanson", "Chanson hypocalorique", "La nana 77", "De la tendresse").

Photo de Michel Sardou Il a écrit pour Michel Sardou ("Une fille aux yeux clairs", "J'ai 2000 ans").
Mais aussi pour Julio Iglesias ("Le monde est fou, le monde est beau", "Je n'ai pas changé"), Hervé Vilard ("Nous"), Fabienne Thibault ("Chaleur humaine"), Nana Mouskouri ("Je chante avec toi liberté"), Johnny Hallyday ("Montpellier", "Signes extérieurs de richesse", "Quand un homme devient fou") et Sacha Distel ("Ma femme").

Photo de Gilbert Bécaud Il a aussi écrit pour Gilbert Bécaud ("Désirée", "Desperado", "Faut faire avec", "Le Cap de Bonne Espérance"), Gilbert Montagné ("J'ai le blues de toi", "Passion de vivre", "Je ne suis plus rien sans ton amour"), Melina Mercouri ("Au café Saint Just", "Athènes ma ville"), Isabelle Aubret ("Même si ça ne vaut pas la peine", "Deux fois plus qu'à vingt ans", "Des Cornouailles à l'Oural", "Aimer"), Mort Schuman, Nicoletta et Henri Salvador.

Photo de Carlos Et ce n'est pas fini, il a écrit pour Carlos ("Señor météo", "Big Bisou", "Le bougalou du loup-garou", "Rosalie"), pour Mireille Mathieu, Dalida, Nicole Croisille, Michel Legrand, Juliette Gréco, Sylvie Vartan, Douchka ("Elémentaire mon cher Baloo"), Sabine Paturel ("Petit bouchon"), Karen Chéryl ("La marche des machos"), Jean Guidoni, Marcel Amont, Michèle Torr, Frida Boccara, Nicole Rieu, Dick Rivers, Gérard Lenorman, Frédéric François, Enrico Macias, Bibie, Daniel Guichard, Jean-Claude Pascal, Richard Anthony, etc. A cette nuance près que, quel que soit l'artiste ou le registre, on reconnaît toujours sa "patte", cette poésie populaire qui a fait entrer Marie Laurencin dans les hits-parades : jolie gageure !


Transmettre

Fidèle avant tout, "fan" de Montaigne, Diderot, Molière ou San Antonio, Souchon, Verdi et des Beatles, et bien sûr des "grands" auteurs-interprètes qu'il peut vous citer et réciter de mémoire avec un sourire gourmand, Claude est d'abord un homme de partage, de découverte et d'amitié - en un mot un humaniste - peut être les trois sources d'une inspiration particulièrement féconde, d'une expérience qu'il n'hésite pas à partager avec ses nombreux élèves, de l'école d'Alice Dona à ses fameux Stylomaniaques.

Il faut en effet ajouter une quatrième corde à sa guitare baladeuse, la pédagogie, qu'il pratique comme un retour aux sources, au point d'en avoir même fait à l'occasion un véritable spectacle. Des "ateliers d'écriture" du Studio Alice Dona, qu'il dirigea de 1988 à 2004, jusqu'à ses propres "Ateliers d'auteurs" créés en 1995 et au "Cabaret Poste" qu'il anima avec Philippe Albaret durant cinq ans au Petit Journal Montparnasse, Claude est devenu un pionnier de la formation, un artisan de la découverte en matière de chanson, n'oubliant jamais l'ancien élève du "Petit Cons'" sous l'écorce de l'homme engagé, à la Sacem comme dans la vie.

Homme de paroles, il est aussi homme de mémoire, qui a toujours à coeur de transmettre, révéler, et apprendre - un verbe qui, soit dit en passant, signifie autant instruire que s'instruire : on apprend en apprenant...


La défense du droit d'auteur

Beaucoup s'en seraient tenu là et auraient cueilli les fruits d'une retraite anticipée : pas lui ! Infatigable militant du droit d'auteur, il sera successivement président du SNAC (Syndicat des Auteurs et Compositeurs) de 1994 à 1997, plusieurs fois vice-président du FCM (Fonds pour la Création Musicale), administrateur de l'AGESSA (Association pour la Gestion de la Sécurité Sociale des Auteurs), vice président des Victoires de la Musique (jusqu'en 1993), vice-président, puis président du comité de gestion du droit de reproduction mécanique (1996-97), membre du conseil d'administration de la SORECOP, de l'IRCEC et de la CREA, administrateur et secrétaire général de la SACEM à partir de 1991, rapporteur général de la SDRM (2004-2005), et fut aussi Président de cette même SACEM qu'il connaît donc mieux que personne.

Rien d'étonnant donc à ce que cet "honnête homme" d'aujourd'hui adore par-dessus tout Brassens, qui l'aborda un jour pour lui dire dans les yeux : "Vos chansons sont bien faites !" et lui confia quelques uns de ses précieux brouillons comme on passe le relais. Il y a comme ça des mots qu'on n'oublie plus jamais, et qui donnent même naissance à une belle amitié.

Et certains soirs, au théâtre de l'Essaïon où il lui arrive de se produire, l'ombre familière du Sétois se penche incognito sur l'épaule de notre troubadour et lui donne des ailes de géant, lorsqu'il remonte son "Boulevard Aragon".

Source : SACEM

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